ORCHESTRE TROPICANA D'HAITI

Orchestre Tropicana D’Haïti. Aout 1963 – Aout 2013, cinquante ans de performances.

Tropicana, une magie que peut être même le magicien qui l’a accompli n’en a pas encore compris la portée.

 

Les miracles sont la parfois pour rendre justice aux hommes comme à Dieu et pour confirmer que la beauté n’est pas dans le pouvoir d’accomplir mais surtout dans ce qu’on réussit à accomplir avec son pouvoir.

On dit que pour découvrir un génie il en faut au moins deux : le premier, celui qui l’est et le second, celui qui le reconnaît, le deuxième malheureusement brille toujours par son absence chez nous et c’est exactement ce qui fait d’un groupe comme l’orchestre Tropicana un vrai miracle, le miracle qui nous force à être le deuxième génie qu’on refuse fort souvent d’être. 

Tropicana, un phénomène génial qui impose à tous son magistral parcours, ses performances hors du commun et son enseignement universel. 

Tropicana touche l’esprit avant de toucher les oreilles pour s’installer dans le cœur.

 

Pour aller plus loin dans l’affirmation et renforcer la confirmation : si l’on devait aujourd’hui sélectionner même sans critères cinq exemples représentatifs de réussite collective à présenter à la nation, Tropicana serait surement et sans conteste l’une d’entre elles : paysans, citadins approuveraient, catholiques, protestants, vaudouisants et même les non croyants s’y reconnaitraient.  

Aucune autre entreprise, aucune autre institution, puisque Tropicana aujourd’hui en est une, ne peut soulever autant d’émotions, d'approbations et se présenter avec autant d’évidence à la communauté. 

Depuis des décennies, Tropicana reste et demeure le seul orchestre Haïtien à parcourir le Nord, le Sud, l’Est et l’Ouest avec une efficacité, une constance et une régularité à peine expliqué, dans un environnement qui n’encourage ni l’une ni l’autre.

 

Dans un milieu qui refuse plus souvent qu’il accepte, Tropicana a réussi à se faire accepter pour s’imposer en modèle et se faire réclamer et aduler en toutes occasions, particulièrement à toutes les fêtes champêtres. C’est la même passion également chez les compatriotes de la diaspora. Aucun chiffre, aucun argument, aucun raisonnement ne peut le démentir, il est accueilli, respecté et apprécié avec la même ferveur aussi bien par l’ancienne que par la jeune génération.

 

Quand on connaît l’histoire du groupe, les péripéties qu’il a traversées et surmontées on est encore beaucoup plus en admiration pour les musiciens modestes qui l’ont lancé en 1963 et qui ont tenu tête à l’indifférence, aux réticences et à tous les préjugés stériles, pour prouver qu’on peut partir de rien pour initier quelque chose de grandiose et que seuls : la bonne conduite, le respect de soi et des autres demeurent à la base de la réussite et garantit la pérennité de toute entreprise humaine.

 

L’orchestre qui célèbre aujourd’hui ses cinquante ans a non seulement fait du chemin mais a également réussi à mettre en valeur des talents et des compétences qui sans son existence n’auraient peut être pas eu l’occasion de s’exprimer.

 

Avec plus de 220 contrats annuel,Tropicana est aujourd’hui le seul orchestre à atteindre une telle performance dans notre communauté, grâce à une solide gestion d’hommes et de ressources. 

 

L’orchestre Tropicana une grosse machine bien huilée, qui dispose aujourd’hui de son propre night club (Tropicana Night Club) de son propre quartier général, de son autobus pour assurer le transport de ses musiciens, de son fourgon pour le transport des ses matériels avec tout ce que cela réclame comme organisation, planification, vision, pour les meilleurs résultats sur le terrain. 

 

Tropicana d’Haïti pour toutes ses raisons et pour bien d’autres mérite notre respect et notre estime à tous.

 

Pour n’importe quel groupe musical au monde, tenir la route pendant 50 ans ce n’est pas une performance ordinaire et dans un environnement fragile, désorienté, désorganisé, où la route parfois disparaît sous les pieds, où les uns et les autres s’amusent certaines fois à faire perdre la tête à la boussole, c’est exactement là que réussir devient une prouesse hors pair et digne d’appréciation.

 

Smoye NOISY.

Pour les 50 ans de Tropicana d’Haïti.

Tropicana peut aider à moderniser le Konpa 

 

Le konpa se doit d’évoluer, sinon...

« Le konpa direct, à ses débuts, était quelque chose de sérieux. Plusieurs générations se sont

succédé et y ont apporté leur touche. Jusque dans les années 80, c’était un sujet de fierté tant ici qu’ailleurs. Mais le konpa est un rythme, donc il est appelé à évoluer, sinon il meurt. C’est là la faiblesse de cette musique aujourd’hui : elle refuse de se moderniser, d’aller de l’avant. Voilà pourquoi les tubes sont rares depuis quelques années. Le konpa direct ne voit pas le temps passé. Ticket peut convenir que le konpa a des problèmes

actuellement. »

Tropicana ne fait pas du konpa direct
« Tropicana fait du konpa fusé, ou ‘’roussi’’ pour les intimes, nos djokanèl, qui seront nombreux à lire cet article. On ne fait pas du konpa pur. Pour ne pas perdre le grand public dans une explication savante, laissez-moi établir le distinguo de la manière la plus simple et facile. Pour le konpa organique, il faut le tambour et le gong. Il faut que le tambour résonne pidim, pidim et le gong tenk tenk tenk. Or, Tropic sur le tambour fait pim pim, pim... Tout comme la fusée, dans notre musique, la mélodie a tendance à juste titre à évoluer sans cesse. Pour le commun des mortels, on fait du konpa, mais nous autres, nous savons que nous explorons autre chose, nous allons au- delà. »

Mon contact avec le konpa direct, c’est quand on joue avec d’autres djaz
« Si mon véritable premier contact professionnel avec la musique remonte à mes 20 ans quand Tropicana m’a embauché en 1964, mon contact avec le konpa direct c’est à chaque fois que l’on joue avec d’autres groupes ! Je ne peux me rappeler de la première de ces tant de fois. Moi, j’ai passé toute ma vie dans Tropicana. C’est bien ma vie, et je n’éprouve à ce jour aucun regret de m’y accrocher encore. Je n’ai jamais été ailleurs et j’en ai point l’envie. Je dispense des cours de musique en privé, mais je n’ai jamais fréquenté d’autres djaz.

Mes groupes préférés sont tous ceux qui font de bonnes choses
« Je suis musicien depuis longtemps, donc j’ai l’oreille pour distinguer de loin si une musique est bonne ou mauvaise. Le morceau qui marche à la radio ou sur la télévision n’est pas forcément de qualité. Alors quand on me demande mes groupes préférés, on me met carrément dans l’embarras du choix, car ils sont nombreux et je les aime pour toutes sortes de raison. En ce qui concerne les chansons préférées, elles sont tout aussi nombreuses.

Puisque que vous insistez, je cite « Rezilta » de Zenglen. C’est un bon morceau, avec du groove, de bonnes paroles qui motivent... Je dois vous avouer que sur scène, c’est désagréable par contre. Les gars en live n’arrivent pas à assurer le bon résultat obtenu en studio. Un artiste se doit de pouvoir produire sur scène quelque chose qui va au-delà de la retouche en studio. J’aime aussi toutes les chansons d’Arly Larivière. Finalement il a prouvé que pitit tig se tig. C’est un fils qui honore son père. Il est super ! »

Tropicana peut aider à moderniser le konpa
« Nos contacts avec d’autres groupes et artistes nous ont permis de découvrir la paresse et l’ignorance de tant d’acteurs du milieu du konpa. J’ai été souvent étonné de constater que beaucoup de musiciens évoluant dans des djaz ne savent pas lire une partition. C’est là le problème du konpa. Beaucoup de ses musiciens ne sont pas partisans du moindre effort. Sur le plan macro, le konpa souffre d’un manque de renouvellement depuis plusieurs années. On ne peut pas concevoir de produire du konpa identique à celle l’époque de Nemours. Il faut s’adapter au temps. Le zouk, qui est un rejeton du konpa, fait ses preuves mieux que le konpa lui-même. Or, le zouk est par essence une modernisation du konpa. On doit se fixer un objectif à partir de cette fièvre des 60 ans et essayer de l’atteindre dans un délai tout aussi fixe. On doit trouver la route pour accéder à cette modernité ô combien nécessaire au konpa. Moi, je suis prêt, et c’est aussi le cas pour Tropicana, à m’asseoir avec des musiciens du konpa pour leur prodiguer des suggestions, des conseils, discuter. On peut même assurer du coaching, car on sait nous autres comment enclencher des changements à la base d’une musique. C’est seulement en modernisant le rythme de Nemours Jean-Baptiste qu’on peut le présenter sur d’autres marchés. » 

Le Nouvelliste 

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  • Soirée en prelude à la Noel
    Sat, Dec 08
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Tropicana d’Haïti: 50 ans d’exemple

15 Aout 1963 – 15 Aout 2013

 Comme tous les jeunes de ma génération je ne connais pas les débuts de Tropicana d’Haïti, mais comme tout haïtien je suis fière de parler de Tropicana d’Haïti, la référence dans la musique haïtienne. Autant aimer danser ce groupe parce que Tropicana fait danser tout le monde. Comme en témoigne la blague sur l’interprétation du titre « Kenbe diyite w » sur le fantôme d’une femme qui dansait Tropicana « mwen gen lontan mwen pa danse nan bal kretyen vivan, peze’m non peze’m non peze’m vivan ». Comment ne pas danser sur la mélodie de « Notre faute ». Et que dire de ces paroles « Cette soif si ardente, il faut jouer de tendresse pour l’apaiser. Et comme t’es magique tu m’as hanté l’esprit et j’ai osé » ou encore «  yon rich malonèt pi pòv ke yon pòv onèt ». J’aime beaucoup « Ti Joslin ».

Cet article se veut le porte-voix de nombre d’Haïtiens qui souhaitent saluer de vive voix 50 ans de bonheur et l’abnégation de plusieurs générations de musiciens qui en dépit des contraintes ont su dépasser leur différence pour conduire avec succès le compas sur les tropique d’Haïti. Tropicana d’Haïti, un groupe, mais aussi une histoire. Bien que ce ne fût pas facile, aujourd’hui le groupe fête son mariage d’or avec le peuple haïtien.

Je n’ai jamais été au traditionnel bal du 29 Août de Léogâne, ni ailleurs mais je veux au nom de tous les haïtiens qui se respectent et reconnaissent la grandeur vous remercier de votre générosité, d’avoir porté haut et loin l’étendard de la culture haïtienne. A tous les fervents fanatiques, je dis bonne fête. Je voudrais vous souhaiter des décennies de vie et de bonheur. Que votre musique puisse bercer pendant longtemps encore les générations actuelles et que les générations futures puissent danser, chanter, rêver et s’inspirer de vos textes profonds.

A tous les haïtiens qui ont beaucoup de raison de croire que deux haïtiens ne puissent se mettre ensembles pour réaliser quelque chose, je voudrais vous inviter à regarder l’exemple de Tropicana qui en 50 ans a su refaire l’histoire. L’union fait la force, et 50 ans d’unité donnent une œuvre grandiose. Cet anniversaire n’est pas seulement une fierté d’avoir fait danser des générations, mais c’est une victoire sur les idéologies, un exemple fort sur les pouvoirs de l’unité. Tropicana d’Haïti a su préserver l’unité, faisant passer les intérêts du groupe et du public avant les intérêts des membres distincts qui le compose.

Aucune plaque, aucune médaille ne saurait honorer autant de service rendu à la nation. C’est pourquoi, nous nous devons, chaque haïtien sans distinction, de saluer ce succès en perpétuant cette tradition. Que les groupes de la nouvelle génération qui se modifient et s’autodétruisent au gré des envies puissent regarder la route tracée par Tropicana et s’en inspirer. Que les formations qui ont réussi à devenir adulte puissent prendre note (une formation que j’apprécie beaucoup a fêté ses 18 ans en décembre dernier). Que nos dirigeants qui font des choix de court terme puisse regarder la plus grande formation de compas du pays et penser à la durabilité. Aux jeunes qui peinent à démarrer, souvenez-vous qu’il fut un temps on les appelait « Twapyekana », accrochez-vous et continuer à travailler, dans 50 ans comme Tropicana vous ferez sûrement rêvez tout un peuple.

Pour ces 50 ans d’exemples, pour toutes les moqueries que vous aviez eu à supporter, pour tous ces maux que vous aviez su consoler avec vos mots bien disposés, pour la fierté que vous apportez à tout un pays, pour avoir fait danser toutes ces générations, MERCI TROPICANA D’HAITI ! Puissiez-vous continuer à vous mettre avec nous pour apaiser cette soif si ardente, soif d’unité, soif de fierté et soif de réalisations. 15 Août 1963 – 15 Août 2013 50 ans ! Longue vie Tropicana et merci pour tout.

 

Mezanmi m pa ka di mwen se yon fanatik, menm fyè anpil pou aplodi Tropicana d’Haïti jodi a.

Marie A. Alliance

 

 

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